Combien gagne un député ? Indemnité, avantages et retraite

Le sujet du salaire des députés revient à chaque campagne électorale, souvent avec les mêmes idées reçues. Entre ce que touche vraiment un député sur son compte en banque, les moyens mis à sa disposition

Hugo Lemoine

Rédigé par : Hugo Lemoine

Publié le : août 13, 2026


Le sujet du salaire des députés revient à chaque campagne électorale, souvent avec les mêmes idées reçues. Entre ce que touche vraiment un député sur son compte en banque, les moyens mis à sa disposition pour travailler et ce qu’il perçoit en retraite, l’écart avec l’image médiatique peut être important. Concrètement, un élu de l’Assemblée nationale perçoit une indemnité parlementaire brute d’environ 7 637 € par mois, pour un net avant impôt autour de 5 953 €, à laquelle s’ajoutent des enveloppes dédiées aux frais de mandat et à la rémunération des collaborateurs. L’ensemble forme une rémunération complexe, encadrée par la loi et contrôlée, qui dépasse les 25 000 € de fonds publics mobilisés chaque mois par député, sans que cela se transforme pour autant en revenu personnel.

Derrière ces chiffres, une question traverse tout le débat public : comment rémunérer correctement ceux qui fabriquent la loi, sans créer le sentiment d’un monde politique déconnecté ? L’architecture actuelle cherche un équilibre : une indemnité indexée sur les hauts fonctionnaires pour garantir l’indépendance financière des élus, des avantages matériels pour exercer le mandat (transports, bureaux, moyens informatiques) et un régime de pension aligné progressivement sur le droit commun. De la première élection jusqu’à la fin de la carrière politique, le parcours d’un député ressemble moins à un long fleuve tranquille qu’à une succession de protections et de contraintes, avec des règles de fiscalité, de cotisations sociales et de transparence de plus en plus strictes.

  • 7 637,39 € bruts d’indemnité parlementaire, pour environ 5 953,34 € nets avant impôt sur le revenu.
  • Plus de 18 000 € mensuels de moyens dédiés au mandat (frais de fonctionnement et crédit collaborateurs) qui ne sont pas un salaire.
  • Un régime de retraite spécifique, mais désormais aligné sur l’âge et la durée d’assurance du régime général.
  • Des cotisations élevées (retraite, CSG-CRDS, chômage) qui réduisent sensiblement le brut.
  • Une allocation chômage pouvant aller jusqu’à 4 353,31 € bruts en cas de non-réélection, pour une durée de 18 à 36 mois.

Sommaire

Salaire d’un député en 2026 : décryptage complet de l’indemnité parlementaire

Quand on demande « combien gagne un député », la première réponse à apporter concerne l’indemnité parlementaire. Juridiquement, il ne s’agit pas d’un salaire, car la fonction de député n’est pas un emploi classique mais un mandat électif. Dans les faits, pour votre budget mensuel, la différence est surtout symbolique : cette indemnité tombe tous les mois, est soumise à cotisations sociales et à l’impôt sur le revenu, comme un salaire.

Le montant de base est fixé par une ordonnance organique de 1958 qui relie la rémunération des députés à celle des hauts fonctionnaires « hors échelle ». L’idée est simple : éviter que les élus se votent eux-mêmes des augmentations, tout en garantissant un niveau cohérent avec leurs responsabilités. Dès que le point d’indice de la fonction publique augmente, l’indemnité des députés suit automatiquement, sans débat spécifique à l’Assemblée.

La composition détaillée de l’indemnité parlementaire

L’indemnité parlementaire repose sur trois briques. D’abord, l’indemnité de base, environ 5 931,95 € bruts par mois. Elle reflète le cœur du « salaire » du député, calé sur la moyenne des plus hauts traitements de l’État. Ensuite, l’indemnité de résidence, à 3 % de la base, soit 177,96 € bruts, censée compenser en partie le coût de la vie parisienne. Enfin, l’indemnité de fonction, proche de 1 527,48 € bruts, représente 25 % de la somme base + résidence et vise officiellement à couvrir certains frais liés à la représentation (tenue, invitations, documentation personnelle).

Ces trois éléments aboutissent à un total brut de 7 637,39 € mensuels. C’est ce montant qui sert de référence pour les comparaisons avec d’autres responsables publics, comme les ministres ou les élus locaux. Mais ce n’est pas ce que le député touche réellement : plusieurs lignes de prélèvements viennent s’appliquer avant d’arriver au net.

Brut, net et fiscalité : ce que le député reçoit vraiment

Sur ces 7 637,39 € bruts, la première retenue majeure correspond à la cotisation retraite spécifique des députés, environ 828,66 € par mois, soit un peu plus de 10 % du brut total. À cela s’ajoutent la CSG et la CRDS, pour un total proche de 740,83 € mensuels, prélevés sur l’intégralité de l’indemnité sans abattement particulier, contrairement à certains régimes plus favorables.

Viennent ensuite deux contributions moins connues : la cotisation au fonds maladie-maternité-décès des représentants élus (FAMDRE), autour de 76,37 €, et la contribution « transition professionnelle », proche de 38,19 €, qui finance notamment le régime d’allocation chômage des députés en fin de mandat. Une fois tous ces montants retirés, le net avant impôt tourne autour de 5 953,34 € par mois.

Composante Montant mensuel Effet sur la rémunération
Indemnité parlementaire totale (brut) 7 637,39 € Base de calcul du « salaire » du député
Cotisation retraite – 828,66 € Alimente la future pension spécifique de député
CSG + CRDS – 740,83 € Contributions sociales sur la totalité du brut
FAMDRE – 76,37 € Protection maladie, maternité, décès des élus
Contribution transition professionnelle – 38,19 € Financement de l’allocation de retour à l’emploi
Net avant impôt 5 953,34 € Somme versée sur le compte du député, avant fiscalité

Pour se faire une idée concrète, on peut rapprocher ce montant du salaire médian français, autour de 2 100 € nets. Un député touche donc près de trois fois ce montant. Si l’on tient compte d’un taux moyen de prélèvement à la source de 25 à 30 %, le net après impôt se situe plutôt entre 4 200 et 4 500 € mensuels, ce qui place clairement le député dans les 10 % des revenus les plus élevés du pays.

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Cette première brique est la seule qui relève vraiment du « revenu personnel ». Tout le reste de la mécanique financière du mandat sert à faire fonctionner l’activité parlementaire, et c’est là que les idées reçues sont les plus fortes.

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Frais de mandat, collaborateurs et avantages matériels : ce que le député ne met pas dans sa poche

Dès qu’on additionne les enveloppes liées au mandat, on dépasse rapidement les 25 000 € par mois et par député. C’est souvent ce chiffre global qui circule dans le débat public, sans distinction entre revenu et moyens de travail. Pour analyser honnêtement la rémunération parlementaire, il faut séparer ce qui relève du « salaire » de ce qui est fléché vers l’exercice concret du mandat.

L’Assemblée nationale met en place trois grands types d’outils financiers complémentaires : une enveloppe pour les frais de fonctionnement du mandat, un crédit spécifique pour rémunérer les collaborateurs, et une dotation matérielle pour les outils techniques (informatique, téléphonie, reprographie). Sur le papier, ces sommes ne peuvent pas être détournées vers l’usage personnel du député ; dans la pratique, les contrôles se sont nettement durcis depuis une dizaine d’années.

Dotation de fonctionnement et frais de mandat : comment le député finance son activité

L’ancienne indemnité représentative de frais de mandat (IRFM), souvent critiquée pour son manque de contrôle, a laissé place à une dotation de fonctionnement parlementaire, d’un montant mensuel proche de 7 238 € pour un député métropolitain. Cette enveloppe couvre une longue liste de dépenses : loyer de la permanence en circonscription, charges, assurance, frais de réception, documentation, impression de bulletins d’information, communication avec les électeurs, abonnements téléphoniques professionnels, petits déplacements en circonscription.

Les règles sont claires : cette somme n’est pas de la rémunération. Le député doit conserver des justificatifs, tenir une comptabilité dédiée et accepter des contrôles des services de l’Assemblée. Un contrôle au moins par législature est désormais imposé, avec un risque de remboursement, voire de sanction, si des dépenses personnelles sont repérées. Concrètement, acheter un canapé pour son salon avec cette enveloppe n’est plus seulement « limite », c’est sanctionnable.

Crédit collaborateurs : le coût de l’équipe qui entoure le député

Un député travaille rarement seul. Entre les dossiers à analyser, les textes de loi à amender, les réunions de commission, les rendez-vous avec les citoyens, gérer tout cela sans équipe serait illusoire. C’est le rôle du crédit collaborateurs, d’environ 11 463 € par mois, qui sert uniquement à payer jusqu’à cinq assistants parlementaires.

Dans cette enveloppe, on retrouve les salaires bruts des collaborateurs ; les charges patronales sont prises en charge directement par l’Assemblée, en plus du crédit affiché. En pratique, un député peut par exemple rémunérer un collaborateur à temps plein autour de 2 300 € nets et compléter avec plusieurs temps partiels. Depuis les affaires médiatisées de ces dernières années, l’encadrement juridique s’est resserré : interdiction d’employer des membres proches de sa famille, vérification systématique des contrats, traçabilité des missions confiées aux assistants.

Dans les faits, cette enveloppe n’a rien d’un « plus » pour le député. C’est un budget de masse salariale, comparable à celui d’un manager qui disposerait d’un portefeuille pour rémunérer son équipe. S’il ne l’utilise pas entièrement, les reliquats peuvent être reportés d’un mois sur l’autre, mais ne pourront pas se transformer en revenu supplémentaire à titre personnel.

Transports, hébergement, restauration : les fameux « avantages » analysés froidement

À côté de ces crédits, les députés bénéficient d’un ensemble d’avantages matériels pour leurs déplacements et leur présence à Paris. L’exemple le plus parlant est la carte SNCF en première classe, valable sur tout le réseau, qui permet de multiplier les allers-retours entre l’Assemblée et la circonscription. S’ajoutent des crédits de vols pour les élus qui n’ont pas de liaison ferroviaire adaptée, particulièrement en outre-mer ou pour les Français de l’étranger.

Côté logement, plusieurs options coexistent. Certains députés dorment dans un lit installé dans leur bureau au Palais-Bourbon, solution spartiate mais économique. D’autres ont accès à la résidence de l’Assemblée, qui propose 51 chambres. Quand tout est complet, les nuits d’hôtel peuvent être remboursées dans la limite d’environ 200 € par nuit. Enfin, une dotation d’hébergement autour de 1 200 € mensuels existe pour financer un pied-à-terre parisien, sous conditions strictes (pas de lien familial avec le propriétaire, usage personnel uniquement).

Sur le plan de la fiscalité, une partie de ces facilités de transport et d’hébergement s’apparente techniquement à des avantages en nature. Elles restent cependant intégrées dans un régime global conçu comme un outil de travail plus qu’une source de revenu. Tiens, un point souvent oublié : les repas pris dans les espaces de restauration de l’Assemblée sont payants, avec des tarifs proches d’une cantine d’entreprise, pas d’un restaurant gastronomique.

Si l’on veut évaluer honnêtement ce que « gagne » un député, il faut donc garder en tête cette distinction : ce qu’il encaisse, ce qu’il dépense pour exercer le mandat, et ce que l’institution prend directement en charge pour qu’il puisse être présent et disponible.

Chômage, fin de mandat et fiscalité : que se passe-t-il quand un député perd son siège ?

Un point rarement abordé dans le débat sur le salaire des députés, c’est l’après. Que devient un élu battu aux élections, parfois à 52 ou 55 ans, après dix ans passés à l’Assemblée ? Pendant longtemps, la réponse était floue, voire brutale : interruption sèche de la rémunération, risque de trou dans les droits sociaux, retour sur le marché du travail sans accompagnement spécifique. Cette situation a été jugée intenable, y compris du point de vue démocratique.

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C’est pour cette raison qu’un régime spécifique d’allocation chômage parlementaire a été mis en place, géré par la Caisse des Dépôts. L’objectif n’est pas de dorloter les anciens élus, mais de leur garantir un filet de sécurité comparable à celui d’un salarié cadre très qualifié, tout en restant limité dans le temps et encadré sur le plan de la fiscalité.

Allocation de retour à l’emploi des députés : fonctionnement réel

Le principe est le suivant : un député qui perd son siège sans avoir démissionné, qui ne bénéficie pas d’une retraite à taux plein et qui recherche réellement un emploi peut toucher une allocation égale à 57 % de son indemnité parlementaire. En montant, cela représente environ 4 353,31 € bruts par mois, soit l’équivalent d’un très bon chômage cadre.

La durée d’indemnisation dépend de l’âge de l’ancien élu. En dessous de 55 ans, la durée de base est de 18 mois. Entre 55 et 56 ans, elle grimpe à 22,5 mois, et au-delà de 57 ans, elle atteint 27 mois. En cas de conjoncture très dégradée sur le marché du travail, ces durées peuvent être allongées de quelques mois, jusqu’à un maximum de trois ans pour les plus de 57 ans.

Contrairement à certaines anciennes pratiques, ce dispositif n’est pas « hors sol ». Les anciens députés doivent se déclarer en recherche d’emploi, accepter d’être accompagnés, et l’allocation subit des retenues classiques : CSG, CRDS, impôt sur le revenu. En dessous de 55 ans, une décote de 30 % s’applique à partir du 7e mois, ce qui ramène le montant autour de 3 047 € bruts. On est donc sur une aide conséquente, mais pas sur une rente perpétuelle.

Qui finance l’allocation chômage des députés ?

Le financement repose sur un principe de solidarité interne : chaque député en exercice cotise environ 1 % de son indemnité parlementaire, soit 76,37 € par mois, à un fonds dédié. Ce fonds sert ensuite à payer les allocations de ceux qui ne sont plus en poste. On reste donc sur une logique proche de l’assurance chômage de droit commun, avec mutualisation des risques.

La question de l’équité de ce régime alimente des débats réguliers. D’un côté, on peut considérer qu’un ancien député dispose souvent d’un bon réseau et pourrait rebondir plus facilement qu’un salarié lambda. De l’autre, une expérience politique très marquée peut, parfois, se retourner contre l’intéressé sur le marché de l’emploi, notamment dans le secteur privé traditionnel. L’abattement de 30 % après quelques mois d’indemnisation traduit cette tension entre protection et incitation à la reconversion.

Fiscalité, cumul et reconversion professionnelle

Tous ces revenus, qu’il s’agisse de l’indemnité parlementaire ou de l’allocation de retour à l’emploi, entrent dans le calcul de l’impôt sur le revenu. La fiscalité appliquée au député reste celle du droit commun, avec déclaration intégrale des sommes perçues, application du prélèvement à la source et imposition selon le barème en vigueur. Contrairement à une rumeur tenace, il n’existe pas de taux d’impôt spécifique réservé aux élus nationaux.

S’ajoute à cela la question du cumul avec d’autres revenus. Les règles interdisent désormais le cumul entre mandat parlementaire et fonction exécutive locale (maire, président de région, etc.), mais autorisent un mandat local « simple » avec des indemnités plafonnées autour de 2 965,98 € par mois. Le cumul avec une activité professionnelle reste possible, mais sous contrôle de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique, notamment pour les activités de conseil ou d’avocat qui peuvent exposer à des conflits d’intérêts.

Pour un député battu, ce cadre a une conséquence directe : mieux vaut anticiper la suite de sa carrière, se former, préparer une reconversion, plutôt que de compter uniquement sur l’allocation chômage parlementaire. D’ailleurs, certains utilisent une partie de leur indemnité ou de leur temps de mandat pour maintenir un pied dans leur métier d’origine, quand la charge parlementaire le permet.

Retraite d’un député : pension, cotisations et fin des « privilèges » historiques

Le sujet de la retraite des députés revient régulièrement dans les débats télévisés, souvent avec l’idée qu’il resterait un régime extrêmement avantageux, coupé du reste de la population. La réalité, surtout après les réformes récentes, est plus nuancée. Oui, il existe encore un régime spécifique, géré par une caisse dédiée. Non, il ne permet plus de partir beaucoup plus tôt ou avec des montants hors normes sans durée de mandat conséquente.

Pour comprendre ce que perçoit un ancien député, il faut relier trois éléments : le montant des cotisations versées pendant le mandat, la durée de présence à l’Assemblée et l’âge de départ. C’est cette mécanique qui va déterminer la pension parlementaire proprement dite.

Comment se construit la pension d’un député

Chaque mois, un député verse autour de 828,66 € de cotisation retraite, soit un taux proche de 10,85 % appliqué à son indemnité totale (base + résidence + fonction). Cette base de calcul s’élève à environ 7 637,39 €. À la différence de certaines anciennes périodes, il n’existe plus de « surcotisation » permettant de valider plus de trimestres que de temps réellement passé au Parlement.

Les droits à pension se cumulent en annuités. Une législature complète de cinq ans permet de valider 5 annuités, deux mandats consécutifs 10 annuités, et ainsi de suite. Un plafond d’environ 42 à 43 annuités limite les droits maximaux, en phase avec les réformes générales des retraites. Concrètement, un député qui n’a effectué qu’un mandat complet peut espérer une pension spécifique d’environ 680 à 700 € mensuels, versée à partir de l’âge légal.

Âge de départ et alignement sur le régime général

L’âge d’ouverture des droits pour la retraite des députés suit désormais le calendrier commun : un peu plus de 62 ans aujourd’hui, avec une montée progressive vers 64 ans. Pas de départ automatique anticipé à 60 ans comme on l’entend encore parfois. Pour bénéficier d’une pension complète, l’ancien député doit cumuler suffisamment de trimestres, en additionnant son temps comme élu et sa carrière antérieure ou ultérieure dans d’autres régimes (privé, public, professions libérales, etc.).

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Les majorations familiales qui existaient autrefois dans le régime parlementaire ont été réajustées pour coller à celles de la fonction publique classique. La logique est claire : sortir du modèle d’exception et ramener la retraite des élus dans un cadre proche du droit commun. Cette évolution a été confirmée et saluée dans les derniers rapports de la Cour des comptes.

Cumul retraite de député et autres pensions

Dans la pratique, la pension spécifique liée au mandat de député s’ajoute à d’autres pensions éventuelles. Un ancien enseignant élu à l’Assemblée puis retournant dans l’Éducation nationale touchera la retraite de la fonction publique, complétée par la retraite parlementaire correspondant aux années passées comme député. Idem pour un ancien salarié du privé ou un avocat ayant cotisé à une caisse professionnelle.

D’un point de vue financier, cela change radicalement la lecture médiatique habituelle. Un député qui a fait toute sa carrière en politique, sur plusieurs mandats, pourra bénéficier d’une retraite totale conséquente, mais ce cas reste minoritaire. Pour beaucoup, la retraite parlementaire vient surtout « ajouter une marche » à une carrière déjà construite ailleurs, comme une sorte de complément pour quelques années passées à siéger au Palais-Bourbon.

Pour un salarié ou un demandeur d’emploi qui regarde cela de l’extérieur, l’enjeu n’est pas tant de jalouser ou de minimiser ces montants que de comprendre comment ils se construisent. À durée de carrière équivalente, un ancien député n’est plus, aujourd’hui, dans un monde parallèle sur le plan des règles d’âge et de durée d’assurance. La vraie différence se situe plutôt du côté des responsabilités assumées et de la visibilité publique de ses choix politiques.

Comparer le salaire d’un député : pouvoir d’achat, autres élus et perception citoyenne

Difficile de parler de salaire de député sans le comparer au reste. Combien de SMIC représentent ces 7 637 € bruts ? Où se situe cette rémunération par rapport à celle d’un ministre, d’un préfet ou d’un dirigeant du privé ? Et, surtout, comment le citoyen lambda perçoit-il ces montants, alors que l’inflation et le coût du logement pèsent de plus en plus lourd sur les budgets ?

Sur ce terrain, les chiffres sont indispensables pour remettre les choses en perspective, sans dramatiser ni minimiser. Un député gagne bien sa vie, c’est évident. Mais il ne se situe pas non plus tout en haut de l’échelle des rémunérations françaises.

Rapport au SMIC et au salaire médian

En prenant un SMIC brut autour de 1 823 € pour un temps plein, l’indemnité bruts d’un député représente environ 4,2 fois ce montant. Par rapport au salaire médian net, estimé à 2 100 € environ, le net avant impôt du député (5 953,34 €) équivaut à un peu moins de trois fois. Ce simple ratio explique une bonne partie du malaise ressenti par certains électeurs : l’écart est visible, surtout dans un contexte où de nombreux ménages surveillent chaque euro.

Dans le même temps, si l’on élargit le cadre à l’ensemble des 10 % des salariés les mieux payés de France, le niveau de vie du député se situe plutôt dans le bas de cette tranche. Pour intégrer le fameux « 1 % des plus hauts revenus », il faudrait dépasser 9 600 € nets mensuels, ce qui n’est pas le cas avec une indemnité parlementaire même cumulée à un mandat local plafonné.

Comparaison avec les autres responsables publics

Dans le paysage des rémunérations publiques, le député se place en dessous des membres du gouvernement. Un ministre tourne autour de 10 692 € bruts mensuels, le Premier ministre au-delà de 16 000 €. Le président de la République est encore au-dessus. À l’autre bout de l’échelle, les grands élus locaux (présidents de région, maires de très grandes villes) perçoivent des indemnités comprises entre 4 000 et 5 600 € bruts, souvent cumulées avec un mandat de conseiller.

Si l’on compare avec la haute fonction publique, certains préfets et directeurs d’administration centrale atteignent, voire dépassent, les niveaux de net mensuel d’un député, surtout quand on ajoute leurs primes. Autrement dit, le mandat parlementaire se situe dans une fourchette haute, mais pas isolée. Ce n’est pas le sommet de la pyramide, c’est le haut d’un bloc où l’on retrouve hauts fonctionnaires, grands élus locaux et dirigeants de grandes institutions publiques.

Entre méfiance et exigence : la question du « juste prix »

Derrière les tableaux de chiffres, le vrai sujet reste celui du « juste prix » de la représentation. Une indemnité trop basse réserverait de fait le mandat aux plus aisés, capables de financer eux-mêmes leurs campagnes et de vivre avec peu de garanties en cas de défaite. Une rémunération perçue comme excessive alimente, à l’inverse, le sentiment d’un monde politique déconnecté des réalités de la plupart des salariés.

La France a choisi un modèle intermédiaire : un niveau de rémunération élevé mais pas délirant par rapport aux postes de direction du privé, des moyens matériels contrôlés et un régime de retraite progressivement aligné sur le droit commun. Le débat ne va pas disparaître pour autant. Il fait partie du contrat démocratique : demander des comptes à celles et ceux qui, en votant les lois, ont une influence directe sur la vie professionnelle et les revenus de millions de personnes.

Quel est le salaire net d un député français avant impôt ?

Un député perçoit une indemnité parlementaire brute d environ 7 637,39 € par mois. Après déduction des cotisations obligatoires (retraite, CSG-CRDS, fonds maladie et contribution transition professionnelle), le net avant impôt s établit autour de 5 953,34 €. Le net après impôt dépend ensuite de la situation fiscale personnelle de chaque député, mais tourne souvent entre 4 200 et 4 500 € mensuels.

Les avantages matériels des députés sont ils imposables ?

Les moyens de fonctionnement du mandat (dotation de fonctionnement, crédit collaborateurs, prise en charge d une partie des transports ou de l hébergement) sont, en principe, affectés à des dépenses professionnelles et ne constituent pas un revenu imposable classique. En revanche, l indemnité parlementaire personnelle et l allocation chômage spécifique sont soumises à la fiscalité de droit commun et intégrées dans le revenu imposable.

À combien s élève la retraite d un député après un seul mandat ?

Un député qui n a siégé qu une législature de cinq ans acquiert un nombre limité d annuités dans la caisse de pensions des députés. À l âge légal de départ, la pension spécifique liée à ce mandat tourne autour de 680 à 700 € mensuels, qui viennent s ajouter, le cas échéant, aux retraites acquises dans d autres régimes (salarié, fonction publique, professions libérales, etc.).

Un député peut il cumuler son indemnité avec une activité professionnelle ?

Le cumul avec une activité professionnelle privée reste possible, mais sous conditions et sous le contrôle de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique. Certaines activités sensibles, comme le conseil ou la représentation d intérêts, sont encadrées ou interdites en cours de mandat pour éviter les conflits d intérêts. Le cumul avec une fonction exécutive locale (maire, président de région, etc.) est, lui, interdit.

Qui finance l allocation chômage des députés non réélus ?

L allocation de retour à l emploi des députés est financée par une cotisation de 1 % prélevée sur l indemnité de chaque député en exercice, soit environ 76,37 € par mois et par élu. Ces sommes alimentent un fonds géré par la Caisse des Dépôts, qui verse ensuite l allocation aux anciens députés éligibles, dans la limite de durées variant de 18 à 36 mois selon l âge et la conjoncture.

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